Relevé 23 · Château et patrimoine
Des cabordes du Revermont aux jas du Luberon
Bories, jas et drailles du Luberon face aux cabordes jurassiennes : mêmes pierres, autres usages, et le sentier des ocres pour les voir.
Château et patrimoine autour de Geruge Mis en ligne le
Les cabordes du Revermont ont des cousines en Provence : les bories et les jas du Luberon, mêmes pierres montées à sec, autres usages. Comparer les deux familles d’abris aide à lire ce que le calcaire permet partout où la main paysanne l’a dressé.
Qu’est-ce qui distingue une borie d’un jas ?
La borie est l’abri de pierre sèche de Provence : cabane de berger ou de cultivateur, souvent voûtée en encorbellement, qui sert la parcelle. Le jas est son cousin pastoral : une bergerie de montagne qui loge le troupeau et le berger le temps de l’estive ou de la transhumance. La revue Jas du Luberon décrit ces jas en pierre sèche et les bories du massif, le long des drailles que les troupeaux marquent encore entre Bonnieux, Roussillon et Gordes.
Que partagent-ils avec les cabordes jurassiennes ?
Le point commun tient à la pierre et au manque de mortier. Des deux côtés, on monte à sec des moellons triés, on couvre de lauzes ou de dalles, on sert le champ et le troupeau. Les différences tiennent au climat et au calendrier : l’abri jurassien protège de la pluie et du gel, le jas provencal de la chaleur et du mistral. Vous reconnaissez partout la même économie : prendre la pierre du champ, la dresser sans liant, la rendre au paysage quand l’usage cesse.
Comment lire une voûte d’encorbellement ?
Une voûte d’encorbellement se construit en rapprochant chaque assise vers le centre, pierre après pierre, jusqu’à la dalle qui ferme. La borie est l’exemple le plus connu de cette technique, que l’on retrouve des Pouilles aux Cévennes. Sur le terrain, vous la reconnaissez à ses rangs horizontaux qui se projettent en saillie, sans cintre ni coffrage. C’est la même logique que celle des abris jurassiens de Granges-sur-Baume, à quelques kilomètres de Geruge.
Où voir ces constructions dans le Luberon ?
Le massif du Luberon se parcourt par ses sentiers : le GR9 et le GR97 traversent les zones pastorales, le sentier des ocres de Roussillon montre la pierre sous une autre couleur. Les bories se nichent dans les restanques, les jas dominent les drailles. Vous préparez la boucle comme pour le parcours en boucle de Geruge : carte, eau, saison choisie pour la lumière.
Que peut-on refaire chez soi de cette lecture ?
Vous pouvez appliquer le même tri aux murets en pierre sèche du Jura : identifier la pierre, l’usage, la date probable. La méthode voyage bien parce qu’elle repose sur trois questions simples : quelle pierre, quel geste, quel besoin. Un mur de Restanque et un muret de Revermont répondent aux mêmes questions avec d’autres mots.
Derrière ces abris, il y a les hommes qui les ont montés : le relevé sur la mémoire ouvrière des carrières montre comment écrire la vie de ceux qui travaillaient la pierre.
La page Wikipédia sur la borie définit l’abri de pierre sèche de Provence et sa voûte d’encorbellement, sans cintre ni mortier.
Retenez la pierre, le geste, le besoin, puis allez lire le prochain muret comme un texte court.