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Carnet du Mont-Orient Geruge, Revermont, Jura

Cahier 02

Sentiers et points de vue du Mont-Orient

Préparer ses randonnées autour de Geruge et du Mont-Orient. Boucles, belvédères, cartes et bonnes pratiques pour marcher dans le Revermont en toute saison.

4 relevés Mis en ligne le

Sentier étroit en forêt de hêtres montant vers un promontoire calcaire ouvert sur des vallées vertes.

Vous marchez autour de Geruge entre murets, combes et points de vue sur le Revermont et vous cherchez une sortie à votre mesure en toute saison. Vous trouverez ici ce que la randonnée pédestre recouvre, comment elle s’est organisée et quel équipement prévoir avant de partir.

Une promenade sportive sans compétition

La randonnée pédestre dérive de la marche à pied et s’effectue dans la nature, seul ou en groupe, en suivant un itinéraire balisé ou non. Vous y avancez à pied, en plaine comme en montagne, sur des sentiers, avec une dimension de sport et de loisir liée à la découverte et à la contemplation. Sa durée varie de quelques heures à plusieurs jours, voire plusieurs semaines, et elle ne se pratique pas en compétition, à la différence du trail ou de la course d’orientation.

Le degré de préparation et le matériel changent fortement selon le milieu, la difficulté de l’itinéraire et la durée. Vous adaptez donc votre sac, vos vêtements et votre rythme au terrain calcaire du Mont-Orient comme aux chemins forestiers plus humides. Les points de vue sur Geruge se prêtent bien à cette logique de sortie courte et lisible, avec un retour par le même versant si la météo tourne.

Quelle durée choisir pour votre sortie dans le Revermont ?

La randonnée à la journée désigne une sortie de quelques heures sur des sentiers généralement balisés. Vous portez alors un sac à dos avec un fond de sac pour faire face à un imprévu, un changement soudain de météo ou une immobilisation, ainsi que la nourriture, l’eau et éventuellement une carte. La sortie peut se compléter d’une nuit en refuge ou en autonomie, avec des formes particulières sur terrain enneigé comme la randonnée nordique, la randonnée alpine enneigée ou la randonnée de proximité sur circuit balisé, aménagé et sécurisé.

La randonnée en autonomie vous demande de porter tout ce dont vous avez besoin, notamment pour vous nourrir et pour bivouaquer. Le trekking, terme anglais, désigne une randonnée itinérante sur plusieurs jours, souvent réservée à des marcheurs expérimentés, dans des zones difficiles d’accès ou physiquement exigeantes comme la montagne ou le désert. Vous réservez ces formules longues aux périodes où vous pouvez gérer l’eau, la nourriture et le couchage sans appui proche.

Marches spécifiques et rythmes soutenus

La marche afghane synchronise votre respiration sur vos pas, avec une respiration par le nez et des rythmes proposés selon vos objectifs et les types de terrain. La marche d’endurance reste plus dynamique que la randonnée traditionnelle et se mène sur de longues distances, à allure régulée, pendant une journée ou davantage. La marche nordique, de courte durée, utilise des bâtons spécifiques pour une marche rapide dont la gestuelle tonifie aussi le haut du corps, les épaules, les bras et le dos.

Le fast hiking alterne entre une marche soutenue et, parfois, quelques pas de course, sur des sentiers balisés ou non, avec le même équipement que la randonnée classique et un sac léger pour la demi-journée, voire la journée. Certaines enseignes vendent déjà des chaussures propres à cette discipline, située entre la randonnée contemplative et le trail, qui peut donner lieu à des compétitions. La marche ultra-légère cherche à réduire le poids du sac, tandis que le fastpacking, plus confidentiel, privilégie la vitesse, la légèreté et l’autonomie avec un matériel de bivouac sur de longues distances. Le thru-hiking, ou randonnée intégrale, couvre de très longues distances, de 4 000 à 5 000 km voire davantage, sur des durées qui peuvent dépasser six mois, aux États-Unis comme en France par les sentiers de grande randonnée puis en Corse sur le GR 20.

D’où vient le mot randonnée ?

Le terme est attesté vers 1135 au sens d’assaut ou de course impétueuse. La première édition du Dictionnaire de l’Académie française, en 1694, l’emploie pour la course des chasseurs après la bête chassée, puis le sens de tour ou circuit d’une bête lancée apparaît en 1762, avant celui de course ou promenade longue et ininterrompue en 1798. Le Littré rattache l’ancien verbe randoner, courir rapidement, à randon, vivacité et violence, soit la course impétueuse d’un animal sauvage autour de son terroir.

L’usage devient courant à la fin du XIXe siècle et se spécialise au XXe siècle pour désigner une marche en pleine nature sur des sentiers, notamment balisés. Le mot est le participe passé féminin substantivé du verbe randonner, attesté au XIIe siècle pour courir rapidement et avec impétuosité. Ce verbe dérive de locutions comme de grant randon, avec rapidité, formées sur randon, violence et jet impétueux, lui-même rattaché à un étymon vieux bas-francique désignant la course, apparenté aux verbes néerlandais rennen, allemand rennen et anglais run.

Pourquoi les sentiers balisés datent du XIXe siècle ?

Dès 1778, Thomas West, prêtre anglais, publie un guide pour promouvoir la marche dans le Lake District. Horace-Bénédict de Saussure, qui atteint le sommet du mont Blanc, parcourt aussi de nombreuses montagnes dont le Jura, les Vosges, le Forez et le Vivarais. Au XIXe siècle, la randonnée se distingue de la marche comme moyen de locomotion par son aspect récréatif, tandis que le rapport au paysage change avec la période romantique, après une longue association de la marche à la pauvreté et au vagabondage.

L’Allemand Karl Baedeker édite des guides où il décrit ses parcours pédestres. En France, le premier guide de randonnée en forêt de Fontainebleau paraît en 1837, puis Claude François Denecourt y trace son premier sentier en 1842, à l’origine des sentiers Denecourt qui existent toujours. Sa méthode classe les sites par tournées selon la durée des promenades et le temps dont disposent les voyageurs, pour visiter les parties les plus pittoresques avec facilité. En 1872 apparaît en Alsace le Club vosgien, qui balise les sentiers du massif vosgien, et les itinéraires en boucle au départ de Geruge relèvent de cette même idée de parcours classé selon le temps de marche. Les pratiques de la randonnée pédestre et ses déclinaisons prolongent aujourd’hui ces usages anciens du balisage et du guide.

Comment lire la difficulté et rester orienté ?

La difficulté tient à la longueur, au dénivelé, à l’altitude, à la complexité du cheminement et à la nature du terrain. Le Club alpin suisse distingue ainsi le sentier bien tracé sur terrain plat ou en faible pente, le sentier continu parfois raide, le sentier parfois peu visible avec passages exposés équipés de cordes ou de chaînes, puis des traces parfois manquantes avec l’aide des mains, des parcours souvent sans traces avec passages d’escalade faciles et enfin des itinéraires la plupart du temps sans traces et très exposés, avec glaciers et pentes mêlées de rochers. Vous retenez que le pied sûr, les chaussures adaptées et l’orientation progressent ensemble vers l’expérience alpine.

Vous vous repérez grâce au balisage, à la cartographie, à la boussole, à l’altimètre, aux topoguides et au GPS. Des associations balisent des milliers de kilomètres par des marques peintes ou des panonceaux, jusqu’à plus de 10 000 km pour le sentier européen E 4. En France, les sentiers de grande randonnée portent un rectangle blanc sur rectangle rouge, les sentiers de grande randonnée de pays un rectangle jaune sur rectangle rouge et les sentiers de promenade et randonnée un rectangle jaune. Les cartes détaillées montrent le relief, les distances et les dénivelés par les points cotés et les courbes de niveau, tandis que la boussole donne le nord magnétique, que le GPS de randonnée aide au repérage et que l’altimètre suit votre altitude et signale, au bivouac, une baisse ou une hausse liée à la météo.

Que mettre dans votre sac en toute saison ?

Votre sac contient l’eau, le pique-nique, les vêtements et la trousse de secours, avec un contenu qui varie selon la saison, la durée et le milieu. La page Wikipédia ne publie pas de liste fermée pour le Jura et vous recherchez ce compromis entre sécurité, confort et poids afin de préserver l’agrément de la marche. La charge est idéalement limitée à 20 % du poids du porteur et les débutants partent souvent trop chargés, alors que les adeptes de la marche ultra-légère réduisent ce poids au maximum.

Vos moyennes de progression sont en général de 4 à 5 kilomètres par heure, avec 300 à 350 m de dénivelé par heure en montée et 400 à 450 m en descente, à ajuster selon les personnes, les difficultés et la météo. Sur terrain plat, on parle de marche normale sous 4 km/h, de marche dynamique de 4 à 5 km/h, de marche rapide entre 5 et 6 km/h et de marche sportive au-dessus de 6 km/h. Si la sortie dure moins de trois heures, l’eau suffit, éventuellement sucrée à 5 % en cas d’effort intense, sinon prévoyez des fruits secs ou des pâtes de fruits. Pour une randonnée longue en autonomie, visez des produits qui se conservent à température ambiante et à haute teneur énergétique, avec une ration de 3 000 à 3 300 kcal par jour, composée de 60 % de glucides, 14 % de protéines et 20 % de lipides, puis favorisez au retour la réhydratation, le sodium des potages et l’énergie des pâtes ou du riz.

Quelles chaussures et quels vêtements prévoir dans le Jura ?

Vous choisissez des chaussures à tige montante pour l’altitude, des modèles plus légers et moins hauts pour la moyenne montagne et des chaussures basses pour les parcours moins alpins et les promenades en milieu naturel, tandis que les modèles de trail conviennent à la course en montagne. Cette gradation suit la même logique que les niveaux de difficulté, du chemin bien tracé au terrain exposé où l’évaluation du sol compte autant que l’équilibre.

Sous climat tempéré, la pluie et le vent provoquent une déperdition de chaleur même sous plusieurs couches et exposent à l’hypothermie en cas de vent. Par temps froid, vous protégez le tronc par l’empilement des couches, la tête par un bonnet et les mains par des gants, car le tronc et les extrémités perdent le plus de chaleur. Le Gore-Tex respire et maintient le corps au chaud et au sec avec une bonne ventilation, mais ses capacités diminuent lorsqu’il est sale, la polaire reste légère et plus performante que le coton, la laine tient chaud mais s’alourdit à l’humidité et est à proscrire pour les chaussettes, et le coton, qui retient l’humidité, se porte sous les tropiques plutôt qu’en région froide et humide. Les vestes softshell associent les fonctions polaire, imperméable et coupe-vent, les vestes hardshell offrent un coupe-vent plus épais sans doublure polaire et se portent sur une polaire classique, avec des versions imperméables ou seulement déperlantes et des premières couches à séchage rapide.

La page Randonnée pédestre de Wikipédia définit l’activité, ses déclinaisons et son histoire, de l’étymologie médiévale aux guides du XIXe siècle et aux sentiers de grande randonnée apparus en 1947. Vous y trouvez les niveaux de difficulté, les marques de balisage, les outils d’orientation, les repères de sac, d’effort et de nutrition, ainsi que les chaussures et vêtements selon les milieux. Vous pouvez y vérifier un point de vocabulaire ou de méthode avant votre prochaine sortie autour de Geruge.

02

Les relevés de ce cahier

4 pages
  1. Croupe calcaire dans la brume d'automne, hêtres dorés et pâtures se fondant dans une lumière douce.
    Relevé 07

    Le Mont-Orient au fil des saisons en images

    Parcourir le Mont-Orient en images au fil des saisons. Brumes, neige, orchidées et pierres sèches pour préparer sa visite autour de Geruge et du Revermont.

    Adresse fixe 1415 mots

  2. Panorama sur une mosaïque de champs et des reliefs boisés du Jura, derrière une barrière de bois.
    Relevé 08

    Belvédères du Revermont face à Geruge

    Repérer les belvédères du Revermont face à Geruge, la Bresse et les crêts du Jura. Accès, orientation et meilleure lumière pour observer le paysage.

    Sentiers et belvédères 1395 mots

  3. Chemin balisé grimpant sur des dalles calcaires, lumière tachetée et rochers couverts de mousse.
    Relevé 09

    Boucle Geruge Mont-Orient pas à pas

    Suivre la boucle entre Geruge et le Mont-Orient par combes et crêts. Durée, dénivelé, balisage et variantes pour randonneurs débutants ou avertis du Jura.

    Sentiers et belvédères 1495 mots

  4. Boussole de laiton et crayon posés sur une carte de relief dépliée, sur un rocher moussu au bord d'un sentier.
    Relevé 10

    Lire carte IGN et balisage dans le Jura

    Apprendre à lire une carte IGN autour du Mont-Orient. Courbes de niveau, sentiers, légende et boussole pour préparer une randonnée sûre dans le Jura.

    Sentiers et belvédères 984 mots