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Carnet du Mont-Orient Geruge, Revermont, Jura

Relevé 53 · Chantiers et agenda

Chauves-souris des carrières : une sauvegarde discrète

Pourquoi les carrières et ruines du Mont-Orient peuvent héberger des chauves-souris protégées, et comment un chantier bénévole adapte son calendrier.

Chantiers bénévoles et agenda patrimoine Mis en ligne le

Front de taille d'une carrière de calcaire abandonnée, bancs de roche superposés bordés de hêtres.

Les chauves-souris sont des visiteuses discrètes et protégées des carrières et des ruines du Mont-Orient. Leur présence éventuelle impose un geste simple avant un chantier bénévole : vérifier les cavités et éviter les périodes sensibles de l’année, plutôt que de supposer le site vide à toute saison.

Pourquoi une carrière abandonnée attire-t-elle des chauves-souris ?

Une carrière abandonnée comme celle du Mont-Orient offre exactement ce que cherche une chauve-souris au repos : une cavité sombre, à température et humidité stables, à l’abri du vent et des prédateurs. Les fronts de taille, les fissures entre les bancs de calcaire et les éventuelles excavations plus profondes reproduisent les conditions d’une grotte naturelle. Les murs des ruines voisines, avec leurs joints creux et leurs ouvertures étroites, peuvent offrir le même type de refuge à plus petite échelle.

Que protège la loi française pour les chauves-souris ?

En France, toutes les espèces de chauves-souris figurent parmi les mammifères terrestres protégés sur l’ensemble du territoire. La réglementation interdit leur destruction, leur capture, leur perturbation intentionnelle et la destruction de leurs habitats de repos ou de reproduction. Cette protection ne dépend pas de la rareté de telle ou telle espèce présente sur un site donné : elle couvre l’ensemble du groupe, où qu’il se trouve, carrière, grotte, comble ou ruine.

Quelles périodes de l’année sont les plus sensibles pour elles ?

Les chauves-souris d’Europe tempérée hibernent l’hiver, le plus souvent entre l’automne et le début du printemps, dans des cavités qui restent fraîches et stables toute la saison. Un réveil forcé pendant l’hibernation leur coûte une dépense d’énergie qu’elles ne peuvent pas toujours compenser avant le retour des insectes au printemps. L’été, certaines espèces utilisent au contraire des cavités ou des combles comme site de mise bas et d’élevage des jeunes, une période où le dérangement répété peut faire fuir une colonie entière. Entre ces deux périodes sensibles, une cavité peut sembler vide sans l’être vraiment : seule une vérification sur place le confirme.

Comment un chantier bénévole adapte-t-il son calendrier ?

Avant de reprendre un front de taille, de refermer une cavité ou de déplacer des blocs qui bouchent une fissure, un chantier de sauvegarde gagne à vérifier les signes d’occupation : odeur particulière, traces sombres au sol ou sur la roche, présence visible d’un animal au fond d’une cavité. En cas de doute, le recours à une association naturaliste locale avant d’intervenir reste le geste le plus sûr, dans le même esprit que les vérifications de sécurité et d’équipement déjà demandées aux bénévoles. Le programme d’un chantier bénévole de sauvegarde peut ainsi décaler un geste technique de quelques semaines sans que cela change la nature du travail prévu, simplement son calendrier.

Que faire si vous observez une chauve-souris près des ruines ?

Si vous apercevez une chauve-souris en vol au crépuscule près des ruines ou des fronts de taille, le geste le plus simple reste de l’observer à distance, sans éclairer une cavité à la lampe ni y pénétrer. La lumière et le bruit répétés dérangent un animal déjà sensible aux variations de son environnement. Vous pouvez noter l’heure et le lieu de l’observation dans votre carnet personnel : ce type de relevé amateur aide parfois les associations naturalistes locales à mieux connaître la fréquentation d’un site, sans remplacer un inventaire professionnel.

La page Wikipédia sur les chiroptères décrit leur biologie, leurs modes de vie en cavité et leur statut d’espèce protégée en France, sans publier d’inventaire des colonies présentes sur un site précis comme le Mont-Orient. Aucune source consultée ici ne confirme la présence d’une colonie identifiée dans ses carrières : ce relevé explique seulement pourquoi la vérification reste utile avant d’y travailler, et pourquoi elle ne retarde pas longtemps un chantier bien préparé.

Le Carnet du Mont-Orient a publié un relevé intitulé « Mémoire ouvrière : écrire l’histoire d’une carrière ». Les carrières se lisent aussi par leurs traces humaines, outils, fronts de taille, témoignages d’anciens carriers, avant de se lire par leur faune actuelle. Pour comparer ces deux lectures d’un même lieu, voir comment écrire la mémoire d’une carrière.

Avant de vous rendre sur un chantier ou une visite du patrimoine, la préparation compte autant que la météo du jour. Le Carnet du Mont-Orient a publié un relevé intitulé « Journées du patrimoine dans le Jura : préparer sa visite », utile pour caler votre venue sur un jour d’ouverture plutôt que sur une simple intuition.