Relevé 19 · Chantiers et agenda
Associations du patrimoine rural : naissance et bénévoles
Découvrir le paysage associatif du patrimoine rural : naissance locale, bénévoles, intérêt général et fondation nationale.
Chantiers bénévoles et agenda patrimoine Mis en ligne le
Vous vous demandez qui entretient une ruine rurale quand ni la commune ni l’État ne la protègent au titre des monuments. Vous allez comprendre comment naît une association locale, à quoi sert la reconnaissance d’intérêt général et comment une fondation nationale relaie le travail bénévole sur le terrain.
Que protège-t-on quand on parle de proximité ?
Quand vous marchez vers une ruine, vous regardez un patrimoine de proximité. La Fondation du patrimoine a reçu de l’État la mission de promouvoir sa sauvegarde et sa mise en valeur. Cela vise le patrimoine rural comme les maisons typiques, les moulins et les lavoirs, le patrimoine religieux comme les églises et les chapelles, et le patrimoine industriel comme les anciennes usines emblématiques. La plupart du temps, ces lieux ne sont ni classés pour un intérêt national ni inscrits pour un intérêt régional. Ils ne sont donc pas protégés. Vous comprenez alors pourquoi leur avenir dépend d’acteurs prêts à les identifier avant la disparition.
Pourquoi une ruine non protégée a besoin d’acteurs locaux ?
Une ruine non protégée ne se sauve pas seule. Vous le voyez sur les sentiers où les murs demandent un regard régulier. La Fondation identifie les édifices et les sites menacés de dégradation ou de disparition, sensibilise les acteurs locaux à la nécessité de leur restauration et aide au financement des projets. Ce travail passe par la mobilisation des différents acteurs, l’octroi du label, la levée de fonds par mécénat, la collecte publique ou le financement direct. Si vous apprenez à distinguer les murets et fontaines de Geruge, vous mesurez ce que ce suivi veut dire au quotidien.
Comment naît une association de sauvegarde ?
Derrière un mur remonté, vous trouvez souvent une association. En France, vous pouvez créer une association si vous êtes au moins deux personnes, si vous portez un projet en commun ou si vous souhaitez organiser des activités. Cette règle simple explique la naissance de nombreux groupes de sauvegarde. Deux voisins, deux familles ou deux passionnés de sentiers suffisent pour déposer des statuts et commencer à entretenir un lieu. Vous pouvez ensuite élargir le groupe, définir des rôles et planifier des chantiers. En Alsace-Moselle, dans le Bas-Rhin, le Haut-Rhin et la Moselle, les règles sont différentes et vous devez vérifier le régime applicable avant toute démarche.
Choisir un nom et écrire des règles communes
Le nom de votre future association mérite une vérification attentive. Il est conseillé de vous renseigner sur les noms et les sigles et acronymes déjà utilisés par d’autres associations et de vérifier la disponibilité du nom envisagé. Avant de choisir un nom, il est recommandé de vérifier qu’il ne porte pas atteinte à une marque déposée. Une recherche peut être effectuée dans la base de données de l’Inpi afin d’éviter tout risque de litige ultérieur. Si vous le souhaitez, vous pouvez entreprendre des démarches pour protéger le nom choisi. Vous rédigez ensuite les statuts qui fixent l’objet, le fonctionnement et les responsabilités de chacun pour les années à venir.
À quoi sert un label adossé à l’État ?
Vous vous demandez parfois ce qui distingue une simple amicale d’une structure écoutée par les élus. En France, la Fondation du patrimoine est un organisme privé indépendant à but non lucratif dont la mission est de sauvegarder et de valoriser le patrimoine français de proximité. Son parcours éclaire l’histoire de la Fondation du patrimoine depuis la loi initiale. Créée par la loi du 2 juillet 1996, elle est reconnue d’utilité publique par le décret du 18 avril 1997. Elle a reçu délégation de l’État pour accorder un label qui permet au propriétaire réalisant des travaux de bénéficier de déductions fiscales significatives.
D’où vient l’idée d’une fondation dédiée au patrimoine ?
En janvier 1994, le sénateur et maire de Saumur Jean-Paul Hugot remet un rapport à Jacques Toubon, ministre de la Culture et de la Francophonie. Son titre est Conditions de création d’une fondation du patrimoine français. Il préconise une structure capable de mobiliser les acteurs du secteur privé, entreprises et particuliers, en faveur du patrimoine. Ce rapport s’inspire notamment du modèle du National Trust britannique. La Fondation du patrimoine est créée par la loi du 2 juillet 1996. Elle est alors présidée par Édouard de Royère, ancien dirigeant du groupe Air liquide. De 1996 à 2005, Édouard de Royère préside, puis Charles de Croisset de 2005 à 2017, puis Guillaume Poitrinal depuis 2017.
D’où viennent l’argent et les bras ?
Pour financer un chantier, vous devez combiner plusieurs moyens. La Fondation organise des opérations de financement participatif et de mécénat d’entreprise. Elle bénéficie d’une partie des recettes du loto du patrimoine. Organisée en délégations régionales essentiellement composées de bénévoles, elle accompagne les projets de restauration en favorisant leur financement. En 2021, l’effectif compte 800 bénévoles et 75 salariés, et le budget atteint 115 M€ en 2023. La page Wikipédia ne publie pas le montant moyen attribué par projet. Le siège se trouve à Neuilly-sur-Seine et la présidence est assurée par Guillaume Poitrinal avec Alexandre Giuglaris à la direction générale. Vous voyez un modèle mixte où l’argent collecté soutient des dossiers portés.
Que pouvez-vous lire sur les murs avant de donner un coup de main ?
Avant de rejoindre un chantier, vous pouvez entraîner votre regard. Sur une ruine, vous repérez les murs qui s’ouvrent, les pierres éboulées et les accès à sécuriser. Vous comprenez ensuite ce que les bénévoles surveillent entre deux interventions. Les membres étaient 8 000 en 2015, ce qui montre l’ampleur du suivi local. Si vous voulez passer du regard à l’action, étudiez le déroulé d’un chantier bénévole et présentez-vous à l’équipe qui organise l’agenda près de chez vous. Vous apportez vos bras et vous repartez avec une lecture renouvelée du paysage. Vous notez les dates, vous prévoyez des gants et vous arrivez à l’heure fixée par les organisateurs.